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Blasphegme se met sur pause

Comme certains auront pu le remarquer, le journal Blasphegme a été mis sur pause. La raison est que je suis seule à le faire, et j’ai décidé de m’envoler de la cage grise dans laquelle je me trouvais, et de partir vagabonder, chercher un peu de beauté, de joie, de complicité, de calme, d’aventure et de réconfort.

Peut-être qu’un jour j’écrirai un texte sur les violences qui m’ont poussé à prendre le large de Paris, sur le dégoût et la déception que je ressens par rapport à un milieu anarchiste qui protège et donne raison aux agresseurs, sur comment il est dur d’exister dans un milieu qui ne reconnaît que les grandes gueules, le charisme, et qui distille les hypocrisies, les manipulations, et les autoritaires; et sur comment il est dur d’exister en tant qu’anarchiste au féminin, dans un milieu qui a du mal à accepter qu’une compagnonne soit capable de penser et d’agir d’elle même, sans aucun homme dont dépendre.

Faire ce journal était un blasphème contre ces autoritaires qui croient avoir une quelconque influence sur le milieu, c’était leur montrer qu’il y a des individus qui fonctionnent sans leur bénédiction (et sans s’agenouiller devant eux), et sans appartenir à un clan ou un autre, sans défendre leurs petites chapelles et idéologies sclérosées. C’était aussi essayer de faire quelque chose malgré tout, à une petite échelle, tenter de contribuer à diffuser des idées qui me sont chères tout en étant seule. Parce que nous ne sommes pas tous égaux dans « l’affinité », qui repose surtout sur la capacité de socialisation des uns et des autres, mais aussi sur le grégarisme et le copinage. Ceux qui ne se sentent pas à leur place dans cette société, pour  des raisons diverses, se retrouvent aussi dans la marge de ces petits milieux qui prétendent fonctionner différement de la société, alors que ça n’est pas le cas. Et ce journal se voulait de montrer que même dans des situations d’isolement (voulu ou non) on peut toujours faire quelque chose … un journal, mais bien d’autres choses plus intéressantes, selon les moyens de chacun, les envies, l’énergie, etc.

Je remercie les rares compagnons qui m’ont aidé à coller Blasphegme dans la rue, qui m’ont encouragé, qui ont fait des relectures. Vous m’avez donné de l’énergie quand je n’en avais pas et vous m’avez permis de ne pas baisser les bras dans les moments difficiles où vous êtiez les seuls à mes côtés.

Peut-être que Blasphegme reaparaitra sur les murs, peut-être qu’il changera de langue, de format, etc. Qui sait … pour l’instant Blasphegme hiberne.